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Comment fonctionne le Karma?


L'auteur de ce texte sur le Karma : le Vénérable Phra Bhasakorn Bhavilai


Ce texte était à l'origine une thèse de doctorat, mais ses conclusions ne convenant pas à l'université de la Sangha Thaï, il a été demandé à l'auteur de modifier ses conclusions pour les faire cadrer avec la théorie communément acceptée. Mais au lieu d'accepter de modifier ce qu'il considère comme correct pour faire plaisir à sa hiérarchie, l'auteur a décidé d'éditer son texte sous la forme d'un livre en Thaï nommé "Balance of World - Balance of Mind", ce qui lui a fait perdre son doctorat. Le Vénérable Phra Bhasakorn Bhavilaï dit : « Je pense que ce que j'ai écrit est correct ; comment pourrais-je le changer ? »

Le fait d'avoir osé publier ce livre l'a mis au ban des milieux académiques bouddhistes en Thaïlande, mais il a persévéré et a traduit son ouvrage en anglais avec l'aide de son ami David Freyer, ce qui a donné naissance à l'ouvrage "Karma for today traveller". Ce livre a été publié à compte d'auteur et rencontre un succès certain ; cet ouvrage est trouvable un peu partout. Même si le clergé Thaï rejette ce livre, son auteur a gagné en notoriété comme un enseignant sur le sujet du Karma et il donne régulièrement des conférences sur ce même sujet.

Ayant moi-même découvert le livre "Karma for today traveller" lors d'un de mes voyages en Thaïlande, je l'ai trouvé vraiment remarquable et c’est le texte le plus clair que j'ai lu sur le Karma. J'ai donc entrepris de traduire ce livre en français, je vous livre ici les quarante premières pages, si vous voulez découvrir la suite (en anglais, je vous conseille de vous procurer cet ouvrage.

Karma for today traveller
Par le Vénérable Phra Bhasakorn Bhavilaï
(Traduction française de la première partie du livre par Kunzang Namdjial)


Toute ma vie je me suis intéressé à deux mondes. Le monde situé autour de moi et le monde situé à l'intérieur de moi. Tous deux semblent suivre des règles précises, un genre de loi de cause à effet, mais pendant des années je n'ai pas pu mette un nom sur ce que ces règles étaient vraiment. La méthode scientifique offrait beaucoup de réponses, mais mon expérience, mes sensations et sentiments semblaient avoir lieu dans un monde au sujet duquel la science n'avait rien à dire. Ce que je veux dire, c'est : mais qu'est-ce que la science peut bien me dire sur mon bonheur ou sur la douleur dans mon cœur ?

Etant né dans une famille Bouddhiste, j'étais familier avec les enseignements en rapport avec la loi de cause à effet, la loi du Karma, mais beaucoup de ces enseignements étaient difficiles à comprendre et certains ajoutaient même à ma confusion

Laissez-moi me présenter, mon nom est Phra Bhasakorn et je suis un moine Bouddhiste de Thaïlande. Je suis né dans une famille d'intellectuels Bouddhistes et ai été un laïc jusqu'a l'âge de trente-cinq ans. J'ai étudié la physique à l'université et ai ensuite travaillé comme photographe pendant dix ans. J'avais mon propre studio à Bangkok où, en tant que professionnel j'ai gagné de l'expérience sur la vie laïque, ses succès et moi-même. Cependant de grandes questions sur la vie, le monde autour et à l'intérieur de moi m'ont poussé à chercher de grandes réponses.

À un moment, cette quête est devenue plus importante que ma vie mondaine et professionnelle et m'a entraîné plus profondément dans le Bouddhisme. Les réponses que j'y ai trouvées ont changé ma vie. Finalement j'ai abandonné mon business et suis devenu moine.

À ce jour (2010) je suis moine depuis quinze ans.

Mes questions étaient en apparence simples, comme celles d'un enfant ; si faire le bien signifie que de bonnes choses me reviendront et si faire le mal signifie que de mauvaises choses me reviendront, alors pourquoi de mauvaises choses arrivent-elles à de bonnes personnes?

Et pourquoi de mauvaises personnes semblent-elles avoir la belle vie?
Est-ce que le bien attire vraiment le bien?
Que se passe t-il vraiment?


Et qu'en est-il des intentions ? Les pensées derrière les actions? Certainement faire le mal volontairement est pire que de faire le mal par accident. Mais comment est-ce que tout cela marche ? Y a-t-il un genre de bureaucratie céleste enregistrant toutes nos actions et intentions tout au long de notre vie et entrant toutes ces données dans un grand ordinateur karmique ? Et si c'est le cas, en sachant à quel point les intentions et pensées peuvent varier rapidement entre le bien et le mal et inversement, ces bureaucrates célestes doivent en avoir du travail ! Le côté scientifique de ma personnalité trouvait cette notion de comptables célestes très peu satisfaisante.

Pour compliquer encore les choses, le Bouddhisme enseigne aussi que des actions en apparence mineures peuvent avoir des conséquences énormes, ce qui semble défier la logique. Par exemple si vous vous êtes rendu en Thaïlande, vous aurez sûrement vu des moines pieds nus, en robe safran, en train de marcher dans les rues au lever du soleil. Les Thaïlandais sortent pour remplir le bol à aumône de ces moines avec ce qui sera leur repas du jour, accumulant ainsi des mérites pour eux-mêmes.

Beaucoup de dévots Thaï croient que si une personne est assez chanceuse pour remplir le bol d'un moine ayant atteint l'Éveil (un Arahat), alors le mérite accumulé sera énorme.

Énorme comment ? On dit que les mérites gagnés en offrant une portion de nourriture dans le bol d'un Arahat seront récompensés par plusieurs vies futures vécues dans la richesse ! Comment une telle chose est-elle possible ?

Étant jeune, avant d'être ordonné moine, je ne comprenais pas cela, et j'ai même eu la pensée sacrilège que le Bouddha avait du s'inquiéter pour ses disciples en pensant qu'ils auraient à faire face à des privations ; et que donc il avait inventé une histoire pour encourager les gens à offrir à manger à ses disciples, en leur disant qu’ainsi ils accumuleraient des mérites.

Je suis maintenant convaincu que je me trompais. Je crois maintenant que le calcul "une portion de nourriture égale beaucoup de vies confortables" est actuellement exact, et si vous voulez bien m'écouter pendant un moment je vais essayer de vous montrer comment.

J'aimerais commencer par une histoire, très connue des Bouddhistes, qui illustre quelques-uns des aspects curieux du Karma. Nous reviendrons à cette histoire au cours de ces enseignements.

L'histoire d'Angulimala


À l'époque du Bouddha, il y avait un jeune étudiant (en religion) d'une riche famille nommé Ahimsaka. Les autres étudiants étaient jaloux de cet étudiant car il était surdoué et sont parvenus par la médisance à retourner son Maître contre lui. Pour se débarrasser de cet étudiant, son Maître lui donna l'ordre d'aller tuer mille personnes avant de lui apprendre les enseignements secrets qu'il désirait recevoir.

De manière incroyable, Ahimsaka n'abandonna pas et continua à faire confiance à son Maître, croyant que cette mission choquante était en fait destinée à faire le bien du plus grand nombre. Il se mit donc au travail pour finir cette tâche. Il devient donc un meurtrier, se cachant dans une forêt et tuant des gens.

Mais garder un compte exact de ses victimes était difficile, surtout que ses actes sanguinaires remplissaient son esprit de haine et d'illusions. Donc finalement, pour rester organisé et garder une preuve de ses progrès dans sa tâche, il commença à couper le petit doigt de toutes ses victimes et de s'en faire un collier repoussant qu'il portait autour du cou. C'est ce qui lui valu le surnom d'Angulimala, ce qui signifie "guirlande de doigts".

Un jour, quand il en était à 999 doigts autour de son cou, il y a eu une accumulation d'évènements : le roi local, fatigué d'entendre parler de ce meurtrier de la forêt, décida de rassembler son armée et de fouiller la forêt pour trouver et tuer Angulimala.

Au même moment, la mère d'Ahimsaka réalisa que c'était son fils qui était le terrible Angulimala. Et même s’il était désormais un meurtrier sanguinaire, son amour de mère la poussa à se rendre dans la forêt pour le prévenir de l'arrivée des soldats du roi.

Et donc sa mère courut dans la forêt, mais Angulimala, l'esprit déformé par ses actions meurtrières, ne reconnut même pas sa propre mère. Il se mit donc à la pourchasser pour la tuer et finir ainsi sa mission. C'est à ce moment que le Bouddha est intervenu.


Le Bouddha se plaça simplement entre Angulimala et sa mère, et immédiatement Angulimala changea de cible et se mit à pourchasser le Bouddha pour le tuer.

Mais un phénomène curieux se produisit : bien que le Bouddha se contentait de marcher calmement et qu'Angulimala courait de toutes ses forces pour le rattraper, celui-ci ne pouvait pas le rejoindre. Au bout d'un moment, exaspéré, Angulimala hurla au Bouddha de s'arrêter.

En continuant de marcher sereinement le Bouddha lui dit : « Je me suis arrêté, mais pas toi ! »

ce qui enragea encore plus Angulimala, tout en le remplissant de confusion.

Angulimala cria de nouveau au Bouddha de s'arrêter et de s'expliquer ! À ce moment le Bouddha s'arrêta, se tourna vers Angulimala et lui dit qu'il avait arrêté, arrêté de tuer, de faire du mal aux êtres vivants et qu'il était temps pour Angulimala de faire la même chose.


Ces mots frappèrent Angulimala avec une telle force qu'il jeta ses armes au sol et suivit le Bouddha dans son monastère où il prit aussitôt les vœux de moine.

Ne sachant pas que le tueur était désormais un moine, le roi se rendit avec ses troupes pour rendre hommage au Bouddha avant d'entrer dans la forêt et d'y tuer Angulimala.

Le Bouddha demanda au roi ce que serait sa réaction si on lui disait que le tueur sanguinaire était désormais un moine et vivait dans ce monastère. Le roi ne pouvant imaginer une bête sauvage comme ce monstrueux tueur devenant moine, répondit que si c'était le cas, alors il lui pardonnerait ses crimes et lui rendrait les hommages dus à un moine. Le Bouddha désigna alors Angulimala en disant : « Voici où est assis le tueur. »

Une fois que le roi fut revenu de sa surprise et de sa peur, il rendit hommage à ce tout nouveau moine et dit au Bouddha : « Ce que nous avons tenté de faire par la force et les armes vous l'avez fait sans force ni arme ! 

Peu de temps après, en suivant les enseignements du Bouddha, celui qui avait été Angulimala devient un Arahat et atteint l'Éveil.

Pendant une longue période, quand Angulimala se rendait dans les villages pour y mendier sa nourriture, il recevait à la place des pierres et des bâtons, lancés par les villageois et revenait au monastère avec la tête en sang. Il est dit que ces blessures "accidentelles" provenaient de son Karma passé revenant vers lui.


Reliques d'Angulimala
(en forme d'os de doigts!)

Qu'en pensez-vous ?

Est-ce qu’Angulimala a échappé à sa punition malgré ses nombreux meurtres ? Est-ce juste pour ses victimes qu'après avoir tué presque mille personnes, sa seule punition soit quelques bobos à la tête... tout ça parce qu'il avait atteint l'Éveil ? Est-ce que ces bobos ont contrebalancé l'énorme quantité de souffrances qu'il avait infligées à ses victimes et à leur familles ? Pendant des années je ne pouvais imaginer que cette fin puisse être considérée comme "juste". Mais maintenant, je vois la justice.

Essayons de rapprocher ces évènements de nous, pensons à un meurtre horrible qui aurait fait les grands titres des journaux récemment. Si le coupable annonçait : « Oui, mais j'ai maintenant atteint l'Éveil ! Je ne dois plus être ni puni ni emprisonné pour mes actions passées ! » Accepterions-nous de laisser aller librement le tueur ?

Même en supposant que le tueur ait véritablement atteint l'Éveil, changerions-nous d'avis sur sa punition ? Ou alors dirions-nous : « Félicitation pour tes progrès spirituels, mais tes victimes sont encore mortes elles et donc tu restes en prison ! »

Imaginons que les victimes aient été nos amis ou notre famille, il est certain que nous refuserions de voir le tueur être relâché, qu'il soit "Éveillé" ou non !

Donc comment accepter l'histoire d'Angulimala ? Si les mauvaises actions attirent le mal, qu'est-il arrivé à tout son mauvais Karma ? Quand j'étais un jeune homme, l'histoire d'Angulimala me rendait perplexe...

La grande question pour moi était : comment nos actions et intentions reviennent-elles à nous ?

Pour moi c'était une question clef. Étant jeune, j'avais le sentiment que tant que je n'aurais pas compris comment mes actions et intentions avaient un impact sur ma vie, alors je n'aurais aucune façon rationnelle pour organiser les efforts et de me fixer des buts.

Je me suis donc mis à chercher des réponses.

Après avoir été ordonné moine Bouddhiste, j'ai pu avoir le temps et les ressources pour me plonger en profondeur dans les enseignements du Bouddha.

Ce petit livre est ma tentative pour partager avec vous ce que j'ai découvert.

C'est un livre sur la loi de cause à effet. Un livre sur le Karma.

La première partie traite du monde extérieur, la seconde partie (qui est aussi la plus importante) traite de notre monde intérieur.

Le chapitre final traite de mes pensées sur l'évolution de l'esprit.

Intention et action


Les enseignements du Bouddha disent que chaque chose a une cause et est conditionnée par les causes l'ayant produite. De plus cette chaîne d'évènements est rationnelle et son déroulement peut être compris. En vérité, les enseignements Bouddhistes disent que le Karma est une des lois de la nature, comme la gravité et l'électromagnétisme.

1) L'Intention provoque l'action

Quand nous observons notre comportement ordinaire, nous pouvons voir que la plupart de nos actions ont commencé sous forme d'intentions. Nous avons une intention et ensuite nous agissons. Nous prenons ce livre dans nos mains et, pensant qu'il serait intéressant de le lire, nous décidons de l'ouvrir et nous l'ouvrons. Nos pensées mènent à l'action. Par action je veux dire toutes les actions du corps et de la parole.

2) Action sans intention

Dans cette deuxième catégorie, nous avons ces moments où nous agissons sans intention consciente. Par exemple, supposons que nous soyons en train de conduire et que nous écrasions et tuions involontairement un homme qui se place sur notre route. Nous avons tenté de freiner, mais en vain. Nous n'avions aucune intention de le tuer, mais il est tout de même mort. Aurons-nous à en souffrir les conséquences ? Certainement. Notre voiture est endommagée, la police nous posera des questions, un juge décidera peut-être que nous conduisions imprudemment ou trop vite. Nous pourrons avoir une amende, aller en prison ou souffrir longtemps de remords.

Prenons un autre exemple. Nous allons faire un pique-nique, mangeons une banane et jetons la peau dans la forêt avant de renter à la maison. Cependant, notre peau de banane est tombée sur un chemin que nous n'avions pas vu. Une gentille vieille dame glisse sur notre peau de banane, se casse le crâne et meurt. Pour nous la vie continue, nous oublions tout de cette banane. La dame reste morte. Notre action sans intention a eu une part dans sa mort. Donc même des actes mineurs, des actions sans intention peuvent avoir de graves conséquences. Tout au long de notre vie, nous ne pouvons pas savoir combien de gentilles vieilles dames sont mortes en glissant sur nos peaux de banane. Avions-nous la moindre intention de causer le mal avec nos bananes ? Bien sûr que non, mais le fait reste que quelqu'un est mort et que nos actions sans intention en ont été la cause.

3) Intention sans action

Pour cette dernière catégorie de Karma, nous avons ces moments où nos intentions ne mènent à aucun acte physique ou verbal. Des pensées s'élèvent en nous tout au long de notre vie quotidienne et nos diverses intentions changent un nombre incalculable de fois d'un moment à l'autre. Beaucoup, beaucoup de nos pensées s'élèvent sans que nous n'agissions. Ces pensées peuvent affecter notre corps (un souvenir heureux nous rend joyeux, un souvenir triste nous déprime) mais pour le moment limitons notre concept d'action aux actions physiques et verbales dans le monde extérieur. Et incluons dans ce monde extérieur notre environnement physique, les gens autour de nous et la société.

Nous avons donc trois catégories d'intentions et d'actions :

1) les intentions qui mènent à des actions

2) les actions sans intention

3) les intentions sans action

Si nous plaçons les intentions à gauche et les actions à droite, nous obtenons le dessin-ci dessous.

Du côté des intentions nous voyons qu'il y a deux effets sur l'esprit et du côté des actions il y a deux effets sur le monde.

Les effets sur l'esprit sont des choses qui dérangent ou éclairent notre esprit, des choses qui nous apportent de la souffrance mentale ou de la joie, de la sérénité ou du chagrin. Chaque pensée que nous avons, qu'elle soit suivie d'actes ou non, a un effet sur notre environnement mental. Ce lien de cause à effet est une loi naturelle au travail. Comme toutes les lois naturelles, elle est inévitable et inexorable.

Nos bonnes pensées nous sont bénéfiques et nos pensées négatives nous font du mal.

Ce dernier fait est souvent ignoré et est la cause de beaucoup de souffrances dans le monde. Nous traiterons ces activités mentales dans la seconde partie de ce livre.

Les effets sur le monde sont plus directs. Ils sont la somme de toutes nos actions du corps et de la parole, et de leurs effets sur notre monde. C'est ce que nous faisons. Ce sont nos actions qui se manifestent dans le monde physique.

Dans notre dessin, nous pouvons voir qu'il y a deux cas d'action : avec et sans intention.

Les deux ont toujours un effet direct sur notre environnement et puisque toutes les choses sont interconnectées, ces effets ont toujours d'autres effets, même si ceux-ci sont petits.

Ces chaînes d'évènements se poursuivent sans interruption à travers le temps.

En Thaïlande, nous avons une expression qui dit "Cueillir une fleur est affecter une étoile".

L'équilibre du monde

Pour commencer, je voudrais parler de notre monde extérieur, un monde avec lequel nous sommes en constante interaction. Imaginons-nous en train de flotter dans une très grande piscine très calme. Chacun de vos mouvements provoque des vaguelettes dans l'eau. Vous ne pouvez pas bouger sans que l'eau ne réagisse à vos mouvements. Et quand l'eau bouge, vous êtes vous-même affecté par les courants et les vagues. Vous et l'eau sont en interaction constante et équilibrée. C'est plus ou moins la même chose dans laquelle nous sommes tous : toutes nos actions changent et dérangent notre environnement et tous les changements dans notre environnement nous affectent.

Dans un monde entièrement interconnecté, une seule action ne produit pas qu'un seul effet. Par exemple si nous bougeons notre main dans l'eau, nous ne créons pas une seule vague dans une seule direction mais plusieurs petites vagues dans plusieurs directions. Une action provoque une multitude de vagues. Toutes ces vagues partent dans notre environnement et au travers de notre environnement nous recevons en retour leurs échos.

Ceci ne veut pas dire que la meilleure solution consisterait à simplement flotter sans mouvement en ayant peur de déranger quoique ce soit. La Non-action n'est ni intelligente ni même possible. En réalité notre piscine n'est pas vraiment calme, des choses s'y passent, il y a toujours des vagues et des courants et nous devons y réagir. Vivre dans le monde demande toujours des réactions de notre part. L'idée générale est d'être assez sage pour agir de telle façon à limiter ou éliminer les réactions qui nous apporterons de la souffrance.

À chacune de nos actions, le monde réagit, répondant de manière égale aux changements que nous lui imposons. Une grande action soudaine provoque un gros changement soudain au monde. Une action lente et mesurée provoque un changement lent et mesuré. Tous ces changements reviendront vers nous tôt ou tard.

Si nos actions provoquent dans le monde des changements doux et mesurés, le monde nous répondra de manière douce et mesurée. Si nos actions sont agressives et hostiles, nous serons agressés et vivrons dans un monde hostile. Dans un monde où le Karma serait instantané, nous pourrions illustrer ce genre de retour avec le diagramme ci-dessous.


L'esprit et le cœur y sont représentés sous la forme d'un cœur car pour nous en Thaïlande le cœur et l'esprit sont un. Un Thaï dira par exemple : « Mon esprit est calme. » en se frappant la poitrine. Je continuerai donc dans le style Thaï avec cœur et esprit ne faisant qu'un.

Dans notre monde de Karma instantané, le bien et le mal attirent le bien et le mal et on récolte aussitôt ce qu'on sème. Mais le monde ne fonctionne pas comme ça, "œil pour œil dent pour dent" immédiatement. Quelque chose dans notre dessin n'est donc pas correct.

La vie est un voyage à travers le temps. D'un moment à l'autre le temps s'écoule et nos vies font de même. Quand nous agissons, cela prend un certain temps pour avoir un effet sur le monde. Les changements prennent du temps. Les effets mettent du temps à se manifester et le retour de ces effets n'est pas instantané, mais sera expérimenté plus tard, quand les conditions seront réunies.

Pour illustrer les principes du Karma, je montre les actions et leurs effets comme une simple flèche. En fait la réalité est bien plus complexe, avec une interaction continuelle de nombreuses vagues, mais le principe reste le même : tout ce que nous faisons, sous quelque forme que ce soit, nous revient. Et ce processus prend du temps pour se dérouler.

Nous devons donc attendre pour que notre gentillesse nous revienne, de même pour nos mauvaises actions. Mais à un certain point dans le futur, les résultats de nos actions nous reviendront de manière équilibrée. Personne n'échappe jamais à rien, nous sommes les propriétaires de nos vagues et courants, c'est une loi de la nature et c'est juste.

Nous avons tous eu au cours de notre vie des expériences où après avoir fait le bien nous en avons reçu des bénéfices. Peut-être avons nous étudié sérieusement et plus tard lors d'un examen nous avons réussi. Ou nous avons été polis avec autrui et ceux-ci on fait de même pour nous.

De la même façon, nous avons tous eu des expériences où nos mauvaises actions nous ont donné de mauvais résultats : narguer un chien et se faire mordre, être malpoli et se faire insulter.

Mais qu'en est-il alors des personnes qui font le bien et ne reçoivent rien en retour ? Dans la vision Bouddhiste d'une telle situation, les conditions pour la manifestation des effets de leurs actions ne sont tout simplement pas encore en place, et donc leur Karma ne leur est pas encore revenu.

De même, dans la plupart des cas, les causes d'un Karma positif ne sont pas identifiables. Nous expérimentons de la chance et de la malchance sans raison apparente. Les enseignements du Bouddha disent alors que nous recevons les résultats d'une action passée dont nous ignorons tout. Le Karma prend parfois son temps...

Donc les Bouddhistes disent que gagner au loto n'a rien à voir avec la chance, mais c'est le retour d'une action passée qui revient vers nous ; le résultat d'une action d'un passé oublié. Ces actions du passé résonnent toujours dans notre monde, ayant un effet sur son équilibre.

Le vas et viens du Karma


Supposons que nous mourrions brutalement demain et que le résultat de nos actions positives et négatives ne nous soit pas encore parvenu.

Ces actions ne vont pas simplement disparaître. Tout comme l'énergie ne peut pas être créée ou détruite mais juste transformée, il en est de même pour notre Karma.

Si l'on s'en réfère au Bouddhisme, notre responsabilité pour nos actions ne s'arrête pas avec notre mort. Nous restons les propriétaires de nos actions et de leurs conséquences au-delà de cette vie.

La doctrine Bouddhiste dit que nous sommes responsables de nos actions au travers de plus d'une vie. Nous sommes responsables pour tout ce que nous disons, faisons ou pensons et ce jusqu'à avoir atteint l'Éveil et être sorti du cycle des renaissances.

Si l'idée de vies passées et futures est étrange pour vous, alors peut-être pourriez-vous voir tout cela comme un jeu de l'esprit. Considérez les possibilités et les ramifications.

Le Bouddha a toujours prévenu les gens de ne pas croire ce que lui (ou d'autres) disait simplement car il le disait. Il encourageait tout le monde à utiliser son sens critique et de vérifier attentivement avec leurs expériences passées avant de décider ce qui est vrai, utile et bénéfique. Chacun doit être son propre juge.

Un Bouddhiste verra nos vies multiples comme quelque chose de similaire au dessin ci-dessous, où chaque ovale représente une vie. Les actions peuvent avoir leurs effets au cours de la même vie, ou se manifester au cours d'existences ultérieures, qui sont attachées ensembles comme une chaîne par le Karma.

Une chaine de vies


Notre vie actuelle est vraiment très courte si on la compare aux effets de certains Karma. Ceci dit, il ne faut pas voir cela comme si nous étions les victimes sans défense de nos Karma anciens. Au contraire, cela veut dire que nous sommes vraiment les artisans de notre destinée, les architectes de notre environnement. Nos actions ont une signification. Nous avons le pouvoir de rendre le monde meilleur.

Il n'y a rien de laissé au hasard dans la façon dont fonctionne l'univers.

Les effets de notre Karma nous mènent aussi à être né dans des circonstances fortunées ou non. La bonne fortune d'être né dans un corps en bonne santé au sein d'une famille riche et aimante est le résultat de nos bonnes actions passées. Cette bonne fortune aura peut être un effet au cours de toute notre vie, nous isolant et nous protégeant dans une certaine mesure des dangers du monde qui nous entourent. Les enfants de familles aimantes et stables ont plus de chance de recevoir une bonne éducation et de bonne opportunités financières. De la même façon, une naissance moins fortunée nous fera souffrir et nous battre durant toute notre vie pour obtenir des choses que d'autres ont eues sans même les demander, mais même ainsi nous sommes tout de même fortunés d'être tout simplement né sous la forme d'un humain !

Sur la même fréquence que nos actions

Mais comment donc mon vieux Karma me retrouve-t-il ?

Je veux dire, si j'ai fait des mauvaises actions dans une vie passée, comment donc leurs effets me retrouvent-ils dans une vie future, m'isolant au milieu des six milliards d'autres humains sur la planète pour me tomber dessus et me gâcher ma journée ? Voila une bonne question. Pour y répondre, nous pourrions nous comparer à un "tuning fork". Un "tuning fork" résonne à une certaine fréquence. Disons que nous avons une "tuning fork" qui résonne sur la note A. Si je la fais résonner dans une pièce pleine de cloches, toutes les cloches ayant la note A se mettront à résonner, les cloches ayant la note C ne résonneront pas, elles n'ont rien à voir avec la note A. D'une manière analogue, toutes nos actions sont marquées de notre propre fréquence, et leurs effets résonnent d'une façon qui n'affectera que nous.

Petit avertissement : la notion de Karma ne signifie PAS que nous devons ne pas prêter attention aux souffrances des autres sous prétexte qu'il reçoivent ce qu'ils méritent. Absolument pas. Une telle vue manque de compassion et de compréhension, c'est donc une vue qui nous même à la souffrance et doit être évitée.

Les enseignements Bouddhistes disent qu’au cours de nos nombreuses vies, nous avons tous expérimenté la richesse et la pauvreté, la beauté et la laideur, la joie et la tristesse. Comme le dit Jésus : nous avons tous été des pêcheurs. Nous sommes tous ensemble dans ce monde, incapables d'éviter la souffrance, la vieillesse et la maladie. La mort nous attend tous. Et puisque nous ne pouvons pas regarder au travers de toutes nos vies passées pour y voir toutes nos actions et leurs conséquences et comment elles sont en relation avec la personne en face de nous, nous devons toujours essayer de voir tous les êtres avec compassion et gentillesse.


Quoi faire?

Que devons-nous alors faire une fois à ce point dans une longue chaîne de vies ? Notre passé inconnu nous attend en embuscade dans notre futur. Nous pourrions avoir un terrible accident de la route, perdre notre emploi ou tomber brutalement malade, tout ça à cause d'actions qui ont eu lieu au cours d'une autre vie.

Il est vrai que la loi de cause à effet insiste sur le fait que toutes nos mauvaises actions ont des échos à travers toutes nos vies, littéralement des accidents attendant d'arriver. Et contrairement aux films hollywoodiens, nous ne pouvons pas retourner dans le passé pour y défaire nos mauvaises actions.

Comment faire pour faire face à une situation où des dangers inconnus nous attendent à chaque vie ?

Le Bouddha nous a conseillé de ne pas désespérer, mais plutôt de s'efforcer de comprendre comment fonctionne le Karma et d'agir pour prendre le contrôle de nos vies maintenant. Il y a beaucoup de choses que nous pouvons faire.

Premièrement, si nous vivons le présent correctement, nous ne créerons pas de bombes dans notre futur pour y détruire notre paix. Nous devons donc cesser de faire de mauvaises choses. Ensuite puisque tout le bien que nous faisons nous reviendra, nous devrions commencer au plus tôt à faire plus de bien. De plus le Bouddha nous a conseillé de bâtir un mur qui nous évitera de nous créer plus d'ennuis à nous-mêmes. Un mur d'actions harmonieuses. Un mur de moralité. Ce mur est bâti en acceptant des préceptes, qui sont de fortes intentions de ne pas nuire à nous-mêmes et aux autres.

En fait, ce mur fait plus que juste arrêter les mauvaises actions du présent, il sert aussi a limiter les effets des mauvaises actions du passé lorsqu'il reviennent vers nous.

Mais regardons de quoi est fait ce mur.

Le mur de l'harmonie du monde

Le Bouddha a enseigné que les bases de la moralité humaine reposent dans cinq préceptes (NdT : préceptes détaillés et expliqués en bas de ce texte)

- Ne pas tuer

- Ne pas voler

- Ne pas avoir une conduite sexuelle incorrecte

- Ne pas mentir

- Ne pas prendre de produits intoxicants

En respectant ces cinq préceptes, on vit d'une manière telle que l'on ne crée aucun mal ni à soi ni aux autres, aucune vague négative n'est produite dans la mer qui nous entoure. Et quand aucun mal n'est fait, alors le monde n'a pas de nouveaux effets négatifs à vous renvoyer.

Regardons la loi de cause à effet et voyons pourquoi nous devons respecter les cinq préceptes.

Le premier précepte : une conduite harmonieuse envers la vie ; si nous faisons du mal à une autre vie, nous aurons à souffrir le même degré de souffrance.

Tout les êtres aiment leur vie et veulent vivre. Donc exactement comme nous aimerions ne pas être maltraités, nous devrions éviter de faire du mal ou de prendre des vies sous n'importe quelle forme. Quelqu'un respectant parfaitement le premier précepte n'écrasera pas même un moustique, il ne fera littéralement pas même de mal à une mouche. Il ne mangera pas d'animaux morts non plus.

Le deuxième précepte : une conduite harmonieuse envers la propriété d'autrui ; si nous ne volons pas et n'endommageons pas les biens d'autrui, nous n'aurons jamais à compenser pour ce mal. Les gens qui se font voler des choses sont simplement en train de payer pour leurs actions passées envers les biens d'autrui.

Le troisième précepte : une conduite sexuelle harmonieuse (ceci a à voir avec les normes sociales acceptées et le respect d'autrui). Nous devons nous rappeler que nous sommes tous le fils ou la fille de quelqu'un, que quelqu'un nous aime, le frère ou la sœur de quelqu'un. Nos comportements pour ce qui concerne le sexe doivent être respectueux et honorables. Si des critiques sur notre vie sexuelle s'élèvent, elles s'étendront vite et détruiront notre vie sociale.

Le quatrième précepte : une conduite harmonieuse envers la parole (nous ne devons dire que ce qui est vrai). Ceci rendra notre monde plus propre et stable. Le fait de ne pas mentir nous rend fiable et fort. Une personne qui respecte sa parole donne de la force à sa parole, on peut la croire. Une promesse faite par une telle personne peut être crue.

Le fait de dire la vérité en toute circonstance est une source importante de pouvoir personnel et a de nombreux bons effets. La plupart des chants Bouddhistes sont des extraits d'histoires racontées par les Arahat , les Boddhisattva ou par le Bouddha lui-même.

Ces chants sacrés sont efficaces et ont un pouvoir simplement car ils sont vrais.

Le cinquième précepte : une conduite harmonieuse par rapport à l'attention ; pour le dire simplement, les produits intoxicants (alcool, tabac, drogues...) diminuent l'attention. Si quelqu'un est ivre, il rompra d'autres préceptes, en faisant des choses qu'il n'aurait jamais faites étant à jeun.

Donc, si on suit la doctrine Bouddhiste, les drogues et l'alcool sont à éviter. On me demande souvent si c'est un problème de boire un petit peu, sans être ivre... Mais en fait quelqu'un qui garde les cinq préceptes essayera de ne pas boire du tout, car boire détruit votre attention, et quand l'attention décroît, les destructions commencent.

Si quelqu'un respecte fermement les cinq préceptes, alors il est extrêmement peu probable qu'il fasse du mal autour de lui ou à lui-même. Une telle personne agira avec respect envers la vie, les propriétés, le sexe, la vérité et l'attention à ses actes. Une telle personne pratique le fait d'être inoffensif. En conséquence, les cinq préceptes sont une forme de protection contre le monde, dans le sens où ils provoquent une conduite harmonieuse au sein du monde.

Garder son mur solide

Bien que la majorité des gens soit en principe d'accord avec le sens des cinq préceptes, le fait de les observer peut parfois être problématique. Je sais à quel point cela peut être difficile. Quand j'étais un laïc, je trouvais cette tâche parfois impossible. Je commençais ma journée avec une résolution ferme, et plus tard rencontrais un ami qui m'invitait à boire un verre et je pensais alors « Oh bon, pourquoi pas, ! » et le cinquième précepte passait par la fenêtre.

Alors qu’en fait, observer les préceptes est simplement observer une conduite normale du corps et de la parole. C'est tout naturel quand on y pense. Ce n'est pas extrême du tout, les animaux le font chaque jour. Mais comment faire ? Comment être ferme et stable dans ses préceptes ? Parce que ce n'est pas suffisant de passer sa journée sans y penser, et le soir d'y repenser et de se dire : « Wow, c'est bien, je n'ai rompu aucun précepte aujourd’hui ! »

Ce n'est pas là ce que je veux dire en parlant de garder les préceptes fermement. Je veux dire que nous devons prendre une décision ferme et délibérée de garder les préceptes et de maintenir notre conscience dans nos engagements tout au long de la journée.

Quand j'étais un laïc, mon Maître, une nonne Vénérable nommée Piangduan Dhanasarnpipit, nous donna des conseils sur comment observer les cinq préceptes. Le matin en se réveillant, elle me conseillait de réfléchir aux qualités de ce que je tiens pour sacré. Dans mon cas c'est le Bouddha, son enseignements et ceux qui le suivent (dans le Bouddhisme on appelle cela les trois joyaux : le Bouddha, le Dharma et la Sangha). Vous pouvez réfléchir sur les qualités de Jésus, de la Vierge Marie, de la Terre-mère, du Grand Esprit (qui ou quoi que vous considéreriez comme sacré et vertueux). À ce moment, avec l'esprit empli de cette présence sacrée, engagez-vous à observer les préceptes. Pour moi par exemple, je prends dans mes mains mon amulette du Bouddha et me dit à moi-même : « Bouddha, Dharma, Sangha, le premier précepte est de s'abstenir de tuer, le deuxième précepte est de s'abstenir, de ne prendre ce qui n'est pas offert, le troisième précepte est de s'abstenir de relations sexuelles illégitimes, le quatrième précepte est de s'abstenir de prononcer des paroles mensongères et le cinquième précepte est de s'abstenir de substances intoxicantes. Je suis M. Bhasakorn et j'ai maintenant la ferme intention d'observer ces cinq préceptes. Par le pouvoir de ces préceptes voici ma demande. Puis-je avoir une relation positive et sans problème avec les personnes que je croiserai aujourd'hui au sein de mon travail, et que mon business prospère ainsi. »

Cette petite habitude de souhaiter quelque chose fit que pour moi c'était plus facile et plus drôle de garder les préceptes. Mais ce n'est pas juste un truc, on obtient bel et bien un bénéfice direct si on observe les préceptes.

Si vous êtes un étudiant, vous pouvez par exemple demander ainsi : « Aujourd'hui j'ai un examen et j'aurai peut-être besoin de deviner quelques-une des réponses, par le pouvoir des préceptes faites que je réponde juste. »

Je ne me moque pas de vous, le pouvoir des préceptes peut vous aider à obtenir le succès, essayez vous-même et constatez si cela marche pour vous.

Bien sûr, vu que nous sommes humains, après avoir pris l'engagement de suivre les préceptes, nous oublierons parfois et en briserons peut-être un, par exemple en racontant un petit mensonge. Quand on brise un précepte on a un impact négatif sur notre vie. Quand cela arrive, nous devons nous rappeler notre intention première et nous re-promettre de ne plus faire cette erreur. Dans d'autres situations, on brise même parfois un précepte volontairement. Après cela nous devons également nous rappeler notre intention première et encore une fois reprendre fermement la décision de garder les préceptes.

Alors que j'observais les préceptes d'une manière de plus en plus stricte tout en étant encore un laïc, mes amis ont continué à m’inviter à boire un verre. À ce moment, en fonction des conditions et de mes "faiblesses", je trouvais encore difficile de refuser. Je me remémorais alors mon intention de garder les quatre premiers préceptes et me donnais la permission de rompre le cinquième : « Bouddha, Dharma, Sangha, le premier précepte est de ne pas tuer, le deuxième précepte est de ne pas prendre ce qui n'est pas offert, le troisième précepte est de ne pas mal se conduire sexuellement, le quatrième précepte est de ne pas mentir, mais le cinquième précepte, qui est de ne pas utiliser de produits intoxicants, eh bien je vais le négliger pour un moment. »

Ensuite, durant le moment que je passais à boire un verre avec mes amis, j'étais très attentif à respecter mes quatre préceptes restants. Une fois ce moment passé, je me ré-engageais à respecter le cinquième.

Cela vous paraîtra sûrement étrange de laisser tomber un précepte comme ça, mais à cette époque ma volonté n'était pas aussi forte qu'aujourd'hui et garder quatre préceptes est toujours beaucoup mieux que de n'en garder aucun.

Mon Maître m'a aussi conseillé de me rappeler mon intention de garder les préceptes avant de m'endormir le soir. Puisque nous ne pouvons rompre aucun précepte en dormant, nous pouvons nous réjouir que pendant environ un tiers de notre vie nous pouvons respecter les préceptes sans aucun effort ! Et re-affirmer notre intention de les respecter avant de nous endormir est une façon facile et plaisante de renforcer notre résolution pour le jours suivant.

La concentration apporte la saggesse


Se concentrer sur le fait de garder les préceptes signifie que nous nous concentrons sur nos actions physiques et verbales pour évaluer si elles sont correctes ou non. Garder les préceptes signifie que nous avons une forte intention de ne pas faire le mal aux autres et à nous-mêmes.

Si nous nous apercevons que notre conduite est incorrecte, nous devrons nous répéter nos engagements encore et encore aussi souvent que nécessaire.

La concentration ici signifie que notre esprit est concentré sur un certain objet.
Dans ce cas l'observation des préceptes.

Si l'on s'en réfère aux écritures Bouddhistes, le résultat d'une telle concentration est la sagesse. Quelle est la nature de la sagesse de garder les préceptes ? Eh bien par exemple, après une période au cours de laquelle nous nous serons concentré à ne dire que la vérité, nous remarquerons que notre vie deviendra plus facile et "propre". Nous sommes moins perturbés et avons plus de liberté et d'énergie, car nous ne gâchons plus de temps ou d'énergie à essayer de maintenir l'illusion de quelque chose d'irréel. Car après tout, n'est-ce pas là ce que mentir est ? Une tentative pour faire apparaître aux autres pour réel ce qui ne l'est pas ?

Maintenir un mensonge demande des efforts.
Mentir vous vole votre liberté.

Donc, en respectant le quatrième précepte, nous comprenons le sens et la nature des paroles mensongères. L'effort de concentration est donc récompensé par de la sagesse.

Pratiquer les préceptes apporte un esprit clair

Avec l'accumulation de la pratique, nos préceptes deviendrons plus développés et notre concentration à garder les préceptes deviendra une seconde nature. Le résultat sera une sage attention qui nous évite de nous laisser aller. C'est ce qu'on appelle un esprit clair (NdT : en anglais mindfullness).

Avoir un esprit clair signifie qu’on a systématiquement la sagesse de savoir quoi faire face à chaque situation pour éviter une conduite malsaine et conserver ses préceptes purs. Un esprit clair est un outil qui nous évite les actions négatives, on est attentif et éveillé. Nous devrions toujours être attentif et avoir du respect pour la vie, les biens des autres, la vérité, etc. Bien se conduire dans ces domaines nous protègera de la malchance dans le futur.

Cependant le Bouddha nous a enseigné que vivre une vie inoffensive est insuffisant pour nous libérer et que nous devons être pro-actif dans le fait de faire de bonnes choses de façon à accumuler des mérites.

Le champ des mérites

Je voudrais maintenant que nous observions d'un peu plus près comment nous produisons notre bonne fortune. Comme nous l'avons vu, la doctrine Bouddhiste nous enseigne que notre bonne ou mauvaise fortune est produite par nos propres bonnes et mauvaises actions. Mais rappelez-vous, dans l'équilibre de notre monde, celui-ci répond en relation avec les changements que nous produisons. Ce n'est pas la quantité de "bien" en tant que tel qui nous revient, mais la quantité de "changements". La puissance de la réponse du monde dépendra de combien nous avons fait pour changer le monde. Par exemple, si en conduisant nous écrasons accidentellement un vagabond, voleur et drogué notoire, le monde aura sur nous une action relativement mineure. En revanche si dans la même situation nous tuons un des bien aimés leaders du monde, alors la réponse du monde sera beaucoup, beaucoup plus forte.

Prenons un autre exemple : imaginons que je suis un laïc et que je vis dans une maison mais déteste mon voisin. Je m'approche de la clôture et le traite de menteur et de connard. Que se passera-t-il ? Eh bien probablement le voisin n'appréciera pas mes mots blessants et voudra savoir pourquoi je dis de pareilles choses, peut-être lui aussi me traitera-t-il de quelques noms d'oiseau.

Mais imaginons que je ne sois toujours pas satisfait, et que j'installe un micro et d'énormes haut-parleurs chez moi, puis que je mette le son à fond avant de recommencer à insulter mon voisin en en faisant profiter tout le voisinage. Que se passera-t-il cette fois? Je pense que le voisin (et aussi le voisinage au complet) sera bien plus en colère que la première fois, et qu'il appellera la police ou m'attaquera pour que je cesse.

Dans la première situation, ma mauvaise action était petite et la réponse petite, dans la seconde ma mauvaise action et la réaction on été à la fois amplifiées.

Un effet similaire existe en rapport avec nos bonnes actions et la réaction qu'elles provoquent. Si nous augmentons nos bonnes actions alors plus de bien nous revient.

Pour les bonnes actions c'est que qu'on appelle le "champ du mérite".

La personne qui reçoit le don peut l'amplifier

En Thaïlande, de nombreuses personnes ont une attitude pro-active envers la chance, en faisant volontairement de bonnes choses (accumuler des mérites), en augmentant ainsi leur probabilité d'avoir de la chance. Il est normal pour les Thaï d'accumuler des mérites avant un examen, un entretien d'embauche ou quand des ennuis se présentent. Une façon d'accumuler des mérites est d'aller au marché et d'y acheter des poissons vivants pour les relâcher. Une autre façon est de donner de l'argent à un Temple. Mais la façon la plus commune d'accumuler des mérites est de donner à manger aux moines quand ils font la quête le matin.

Si l'on croit la doctrine Bouddhiste, la quantité de mérites accumulés à travers l'offrande de nourriture dépend entièrement du niveau spirituel de la personne qui reçoit le don.

Différents "moines", différents mérites

Pour illustrer ceci, imaginons un Thaï qui offre de la nourriture à sept moines différents pour accumuler des mérites

Le premier, même s’il porte une robe de moine, n'est en fait pas un moine du tout (NdT : situation hélas courante en Thaïlande !), mais est en fait un gangster qui se cache de la police et de ses ennemis en faisant semblant d'être moine. Il ne garde aucun précepte et est engagé dans diverses activités immorales. Dans son cas, le monde ne reçoit pas vraiment de bénéfices à travers la nourriture qui lui est donnée, et donc les mérites accumulés seront égaux à une unité. Un bol de nourriture = une unité de mérite.

Nous appellerons ceci le niveau 1.

Le deuxième "moine" n'est en fait pas un moine non plus, juste un gars qui est trop feignant pour travailler et qui porte la tenue de moine juste pour avoir le gîte et le couvert gratuits. (NdT : encore une fois situation très, très courante en Thaïlande). Ce gars ne garde aucun précepte mais ne fait pas grand mal non plus, et donc dans ce cas le donateur recevra plus de mérites, beaucoup plus, en fait cent fois plus !

Nous appellerons ce niveau le niveau 100.

Le moine suivant est un vrai moine qui garde ses préceptes de son mieux, ce qui signifie qu'il vit d'une manière à ne pas faire de mal, ni à lui même ni aux autres. Les mérites obtenus sont encore augmentés d'un facteur 100, et donc le bol de nourriture donne 10,000 unités de mérites.

Le quatrième moine est un bon moine, il observe ses préceptes à 100% et est un véritable pratiquant. Il n'est pas parfait pour autant mais déjà en route pour le devenir. Pendant le reste de sa vie il ne rompra aucun précepte volontairement. Sa foi dans le Dharma est absolue et il fait de son mieux pour faire le bien et devenir sage. Ce type de personne, qu'elle soit laïque ou religieuse, est désigné sous le nom de Sotapanna. Une telle personne amplifie les mérites du donateur encore cent fois, Niveau 1,000,000.

Le cinquième moine est encore meilleur : il a toute les qualités d'un Sotapanna, et en plus ses défauts désir/attachement, de haine et d'illusions ont été à travers la pratique réduits à un niveau très bas. Le Bouddhisme identifie ces défauts comme des impuretés de l'esprit, qui obscurcissent la réalisation de la réalité telle qu'elle est vraiment. Ce type de personne, que ce soit un laïc ou un moine, est connu comme "Un qui ne reviendra dans le monde qu'une fois" (Pali: Sakadagami) . Niveau 100,000,000.

Le sixième moine est à la limite de l'Éveil. Ce type de personne, qu'elle soit laïc ou moine, est connu sous le nom d'Anagami, c'est à dire "Un qui ne reviendra pas dans le monde"
(Pali: Anagami) : il a totalement éliminé ses défauts. Nous en sommes au niveau 10,000,000,000.

Le dernier moine est totalement éveillé, c'est un véritable Arahat, le niveau de mérite est désormais de 1,000,000,000,000. Notre donateur a bien de la chance avec son simple don d'un bol de nourriture car son don et ses mérites on été énormément multipliés.

Tel est le raisonnement logique qui permet de dire que
"l'offrande d'un simple bol de nourriture peut signifier de nombreuses vies confortables"

Une unité de mérite offert

Mérites gagnés

Personne immorale

Personne ordinaire

Personne ordinaire avec des préceptes

Sotapanna

Sakadagami

Anagami

Une personne Eveillée (Arahat)

1

100

10,000

1,000,000

100,000,000

10,000,000,000

1,000,000,000,000

Ceci peut sûrement paraître incroyable aux gens de notre époque moderne, mais pourtant ce raisonnement est indéniablement logique. N'aideriez-vous pas plutôt de bonnes personnes pour qu'elles puissent faire plus de bien que d'aider de mauvaises personnes pour qu'elles puissent faire plus de mal ?

Comparons Mr A et Mr B : leur utilisation des choses du monde est similaire. Mr A est une bonne personne et fait le bien autour de lui dans le monde. En conséquence la quantité de choses qu'il donne est importante. Mr B en revanche est une personne qui vit dans le monde sans se poser trop de questions. Son comportement est instable ; parfois il fait le bien, parfois le mal.
La quantité de bien qu'il fait est bien moindre que la quantité faite par Mr A.

Si nous avons une chance d'aider l'une de ces deux personnes, ne choisirions-nous pas Mr A ? Ce que nous donnerons à Mr A ne sera pas plus bénéfique au monde en général ? Ou en parlant plus généralement, aider les gens biens n'augmente pas le bien en général?

Un Arahat est un être éveillé plein de sagesse et de compassion, totalement libéré du désir, de la haine et des illusions (un exemple vivant d'un être humain parfait).
Une telle personne a, à travers ses efforts, changé son comportement jusqu'à le rendre entièrement bénéfique.

Les Arahant se sont développés entièrement avec succès. Leur travail sur eux-mêmes est achevé et le reste de leur vie sera passé à servir autrui. Et donc étant des humains entièrement vertueux, libres de tout défaut, leur pouvoir à amplifier les mérites est énorme. Pour cette raison, accumuler des mérites avec un Arahant a un grand effet sur l'équilibre du monde.

Pour en revenir à la question de ce que nous devons faire, nous devons premièrement observer les cinq préceptes, notre mur pour un monde harmonieux, de façon à ne plus faire de vagues destructrices dans la mer de notre monde. Deuxièmement, nous devons faire activement le bien pour améliorer l'équilibre de notre monde. Et comprenant comment les mérites s'obtiennent, nous devons aider les gens véritablement bons autour de nous.

Mais qu'en est-il de nos mauvaises actions dont le Karma est déjà en action contre nous ?

N'y a-t-il vraiment rien à faire ?

Justement si !

Se placer au dessus des vagues

Supposons que quand j'étais un jeune garçon, avant de devenir un moine, j'ai été injuste et méchant avec un autre petit garçon plus jeune que moi. Je me suis moqué de lui, l'ai frappé et l'ai fait souffrir. Et maintenant, des années plus tard, je suis devenu un moine et j'observe tous les préceptes d'un moine (le Bouddha a donné deux cent vingt-sept préceptes que les moines doivent observer. Pour les laïcs qui ont une famille, de l'argent et un travail, cinq préceptes suffisent).

Supposons maintenant que cet autre petit garçon ait grandi et soit devenu un homme bien plus grand et fort que moi, et qu'il m'en veuille toujours. Dans cette situation nous nous rencontrons et il voit que je ne suis plus le tyran que j'ai été, mais suis devenu un moine.

Je le salue et m'excuse pour mon comportement passé. Selon toute vraisemblance, il ne réagira pas en me mettant un coup de poing au visage. Frapper un bon moine à cause de ses mauvaises actions d'enfants n'est pas approprié. Je me suis élevé au dessus de mes actions passées, je ne me livrerai plus à ce type d'action et leurs effets sont pour moi fortement atténués.

Maintenant imaginons la même situation, mais où je ne suis pas devenu un moine, et où j'ai continué d'être tyrannique. Donc ma victime passée (devenu bien plus grand et fort et ayant encore de la rancune) me rencontre alors que je suis en train de faire du mal à une autre personne. Je le vois et m'excuse de manière désinvolte pour le passé (car j'ai bien remarqué qu'il est désormais plus grand et plus fort que moi !). Selon toute vraisemblance, cette fois je vais recevoir mon coup de poing et avaler mes dents, et personne ne pleurera pour moi. Frapper un tyran adulte pour ses méchancetés faite plus jeune semble assez justifié. Je suis resté au niveau de mes bêtises d'enfant et elles me reviennent avec leur pleine force
(et aussi quelques intérêts)

Parlons de nouveau du meurtrier en série qui devint un être éveillé, Angulimala, vous rappelez vous de lui ? Il tua presque mille personnes pour suivre les instructions de son Maître. Supposons que le Roi l'ait trouvé avant que le Bouddha ne le trouve. Il aurait été puni comme le meurtrier qu'il était. Je suis sûr qu'à cette époque, ils avaient plusieurs manières de punir les gens, et il aurait reçu la pire. Personne n'aurait trouvé injuste qu'il soit très durement puni. Mais le Bouddha l'a trouvé le premier et Angulimala devint une des personnes les plus chanceuse de l'histoire. Mais la chance n'est bien sûr qu'une question de Karma...

Angulimala a commis ses crimes en étant un homme sans préceptes (un homme ayant une valeur de 1). S’il était resté à ce bas niveau, le fruit de ses actions lui serait revenu de pleine force, comme un tsunami. Mais il n'est pas resté à ce niveau, avec l'aide du Bouddha il s'est débarrassé de ses illusions et a vu la vérité. Ainsi un meurtrier sanguinaire est devenu un homme qui n'aurait pas fait de mal à une mouche. Cela me rappelle l'histoire de la chanson"Amazing Grace" (un marchand d'esclave qui voit la lumière et se repend de ses actes passés). En termes Bouddhistes nous pouvons dire que la valeur d'Angulimala à augmenté,
ce qui l'a rendu stable et grand, le Tsunami est venu mais ne l'a pas emporté. Il a juste recu des pierres et des bâtons sur sa tête. Il avai un vague géante de mauvais Karma à venir, mais au moment où celle ci est venue il était lui même devenu un géant encore bien plus grand.
Mathématiquement voila à quoi ca ressemble:

Supposons donc que dans le passé nous n'ayons gardé aucun précepte, rien n'était en-dessous de nous : mentir, voler et même violer et tuer. Des vagues tueuses géantes, que nous avons nous-mêmes créées, se précipitent vers nous pour nous écraser sur les rochers.

Mais, d'une façon ou d'un autre, nous y voyons plus clair, nous nous améliorons, nous rejetons nos comportements du passé et nous appliquons les cinq préceptes.

En changeant ainsi notre état mental, nous avons augmenté notre valeur de 10,000. Ou pour le dire d'une autre façon, nous avons diminué le force de notre Karma négatif 10,000 fois. Les vagues nous toucherons, nous ne pouvons pas les en empêcher, mais au lieu de nous tuer nous ne perdrons qu'un oeil, ou une dent ou une jambe. Nous restons vivants car les cinq préceptes ont réduit les effets négatifs de notre passé.

De plus, quand on vit sur le terrain moral pur des cinq préceptes, nous sommes dans un environnement plus moral. Nous sommes entourés de plus de choses positives. Les actions douces et compatissantes sont la norme. En plus de cela, les gens sont attirés entre eux en fonction de leur morale, et donc au fur et a mesure que vous vous améliorerez, vous vous trouverez en compagnie de gens honnêtes et bons. Ces nouvelles relations ont beaucoup de valeur. Vous pourrez vous faire de bons amis, de bons clients, et même rencontrer un bon partenaire pour votre vie. Dans cet environnement positif, il est plus facile d'atteindre vos buts et de réaliser vos rêves. Il est plus facile de recevoir de bonnes choses car vous êtes dans un environnement bon. Et plus d'aide est disponible car vous êtes entouré de gens bons.

Ceci est aussi le pouvoir des préceptes.

Et ce n'est pas tout ou rien, supposons par exemple que vous ne gardiez que quatre préceptes mais que vous ne puissiez vous débarrasser de l'alcool ou de la drogue. Vous serez tout de même protégé en partie car vous gardez quatre préceptes. C'est beaucoup mieux que rien du tout ! Gardez donc autant de préceptes que possible, cela vous aidera à avoir plus de pouvoir et de volonté jusqu'à ce que vous puissiez garder les cinq préceptes, solide comme un roc.

Mais rappelez-vous que ces préceptes doivent être gardés volontairement. Vous devez les garder à l'esprit, vous rappelant au cours de la journée que vous êtes une personne qui ne tue pas, qui ne prend pas ce qui n'est pas offert, qui ne se livre pas à des actes sexuels inappropriés, qui ne ment pas et qui ne prend ni drogue ni alcool. C'est cette conscience active de ce que vous faites qui donne un plus grand pouvoir aux préceptes.

Il y a une autre vieille histoire dans le Bouddhisme, sur un disciple éveillé du Bouddha, qui était pourchassé par une bande de voleurs voulant le battre à mort. Grâce à ses pouvoir de précognition, il leur échappa durant longtemps, évitant ainsi à ses attaquant le Karma négatif de tuer un Arahant. Malgré tout, à la fin, il vit que le temps était venu et il se rendit à eux et les laissa le tuer, brisant tous ses os un par un. Donc même en étant un Arahant parfaitement éveillé, il est possible d'avoir du Karma négatif ancien suffisamment puissant pour vous faire perdre la vie violemment.

Comme il nous est impossible de savoir quel genre de Karma nous attend, il est raisonnable d'améliorer nos chances autant que possible en faisant le bien activement.

Cependant, quand nous accumulons des mérites pour améliorer l'équilibre de notre monde et désamorcer le Karma négatif ancien, nous devons être conscient du type de mérites que nous accumulons. Il faut penser aux mérites comme à des médicaments, chaque type de médicament est bon pour une seule maladie spécifique.

Si j'ai volé de l'argent ou que mes problèmes sont en rapport avec l'argent, je dois accumuler des mérites en rapport avec l'argent (NdT : faire des donations à de bonnes causes).

Si j'ai été un menteur et ai du mal à maîtriser ce que je dis, je dois alors accumuler des mérites en rapport avec la parole (en donnant de vrais bons conseils à mes proches). Pour être efficace, une médecine doit être en rapport avec la maladie que l'on traite. Mais, que se passe-t-il si j'ai tué quelqu'un ? Que puis-je faire ? Peut-être vaut-il mieux que vous gardiez cette question pour vos méditations.

L'histoire des deux flèches et de la "tête chaude"

Pour mieux comprendre ces concepts, imaginez un matin hypothétique au cours de vos nombreuses existences. Dans cette vie, vous êtes une personne ordinaire, pas vraiment mauvaise, mais pas spécialement bonne non plus (parfois un peu trop colérique).

Ce matin-là, sans que vous le sachiez, deux "flèches de Karma" venant de vos vies passées viennent vers vous. La première est une petite "flèche" de Karma positif, la seconde une puissante "flèche" de Karma négatif. C'est vous qui avez fait et lancé vous-même ces deux "flèches" par vos actions dans vos vies passées. Pour une raison indéterminée elles arrivent à maturation en même temps.

La "flèche" de bon Karma arrive quand vous êtes encore à la maison en train de vous préparer à partir au travail. Vous vous regardez dans le miroir et avez le pressentiment que quelque chose de bizarre va arriver, peut-être même quelque chose de mauvais. Au même moment, vous vous rappelez que les cinq préceptes sont une protection contre ce qui est mauvais. Vous désirez cette protection et décidez de tenir les cinq préceptes pendant cette journée. Vous vous rattachez à ce qui est sacré pour vous et décidez fermement de respecter les cinq préceptes.

À ce moment vos mérites augmentent cent fois.

Vous quittez la maison en vous sentant différent, plus éveillé car vous êtes attentif à respecter les cinq préceptes.

Pendant que vous conduisez pour aller au travail, il y a du trafic mais ça roule vite, comme vous aimez. L'une des choses qui vous agace est les mauvais conducteurs qui vous coupent la route et se rabattent devant vous trop tôt. Votre réaction habituelle quand ça arrive est de vous fâcher, de klaxonner et de "coller au train" du coupable. Mais aujourd'hui vous respectez les cinq préceptes, vous êtes plus fort que vos mauvaises habitudes. À cet instant précis, la "flèche" de mauvais Karma arrive, un fou du volant débouche devant vous sans prévenir. Le fait que vous soyez calme ce matin car vous respectez les cinq préceptes vous évite votre réaction habituelle et au lieu de klaxonner et d'accélérer vous respirez un grand coup et freinez. Le fou du volant donne alors un coup de volant de trop, cogne la barrière de sécurité et fait un tonneau digne d'un film d'action juste devant votre nez... Mais au lieu d'être juste derrière lui, vous êtes assez loin pour pouvoir freiner et dévier votre voiture et évitez ainsi un accident mortel. Votre voiture est fichue et vous vous retrouvez à l'hôpital avec quelques côtes cassées ; dans un jour "normal" vous auriez été tué, mais comme vous respectiez les cinq préceptes, votre mauvais Karma avait cent fois moins de force destructrice. La "flèche" de Karma ne pouvait pas être stoppée et naturellement elle vous a tout de même atteint, mais vous avez pu changer votre "niveau" quand elle est arrivée et, ce faisant, la "flèche" a perdu la plus grande partie de son pouvoir destructeur. Et rappelez-vous, c'est aussi vous qui avez fait et envoyé la "flèche" de bon Karma qui vous a fait penser à respecter les préceptes, c'est merveilleux de recevoir ainsi un "cadeau" de soi-même. En fin de compte il nous est impossible de connaître le détail de notre Karma passé, les enseignements du Bouddha disent que c'est une perte de temps de se demander ce qu'on a fait ou non durant nos vies passées. C'est le passé et il vaut mieux comprendre comment le présent fonctionne, car c'est beaucoup plus important.

Nos intentions et nos décisions
de ne pas faire le mal à nous même et à autrui
diminuent l'impact de notre Karma négatif

Une personne sage agit en sachant ceci

Il est bon a ce stade de clarifier ce qui est entendu par "faire le bien" pour un Bouddhiste.

Le Bouddhisme identifie dix actions positives (Pali:Kusala) :

4 actions verbales
3 actions du corps
et 3 actions mentales.

Ceci va au-delà des cinq préceptes en décrivant les actions qui sont morales et correctes. Les actions mentales ont un effet sur notre mental et les actions verbales et du corps ont un effet sur notre environnement.

Les actions positives du corps :

1) Ne pas tuer, agir d'une façon qui respecte la vie (ceci est aussi le premier précepte)
2) Ne pas voler, respecter la propriété d'autrui (ceci est aussi le deuxième précepte)
3) Avoir une vie sexuelle respectant autrui et les standards de la société (ceci est aussi le quatrième précepte)

Les actions positives de la parole :

1) Ne pas mentir, surtout pour obtenir un avantage pour soi-même ;
les "pieux mensonges" sont tolérés (ceci est aussi le troisième précepte).
2) Ne pas tenir de discours mauvais, parler pour encourager et réunir les autres, faite régner l'harmonie.
3) Éviter le langage grossier, parlez d'une manière douce et agréable.
4) Ne pas parler pour ne rien dire. Évitez les commérages et parlez d'une manière utile.

Les actions positives de l'esprit :

1) Libérez-vous de la jalousie et des besoin inutiles.
2) N'ayez pas de mauvaises intentions, souhaitez le meilleur à tout le monde.
3) Acceptez le fait qu'il y a un résultat pour les bonnes et les mauvaises actions.



Les cinq préceptes de base dans le Bouddhisme sont :

1) Ne pas tuer
2) Ne pas voler
3) Ne pas mentir
4) S'abstenir de relations sexuelles illégitimes
5) S'abstenir de faire usage de drogues et de produits intoxicants.

Il faut bien comprendre que ces préceptes peuvent être pris dans tous les cas soit a minima ou "au pied de la lettre". En général, les laïcs prennent dès la prise de refuge au moins un de ces cinq préceptes a minima, puis durant l'évolution de leur vie spirituelle décident de prendre plusieurs de ces vœux de manière plus formelle et de les respecter ensuite au pied de la lettre. Un moine doit suivre ces cinq préceptes (et bien d'autres !) au pied de la lettre.


Voici ce que donne chaque précepte pris a minima et au pied de la lettre :


1) Ne pas tuer
A minima >>> Ne pas tuer...d'être humains !
Au pied de la lettre >>> Ne JAMAIS rien tuer, même pas si on attrape des poux ou si un moustique vous importune.

2) Ne pas voler
A minima >>> Ne pas voler... son Maître et ses parents !
Au pied de la lettre >>> Ne pas prendre ce qui n'est pas donné
(c’est-à-dire : même si on voit une pièce par terre, pas touche !)

3) Ne pas mentir
A minima >>> Ne pas mentir à son Maître et à ses parents.
Au pied de la lettre >>>Ne pas mentir, jamais, même pour des "pieux mensonges".

4) S'abstenir de relation sexuelles illégitimes
A minima >>> Ne pas tromper sa femme ou coucher avec celle d'un autre (un célibataire peut donc avoir des aventures avec autant de femmes célibataires qu'il le désire, à condition de ne pas leur mentir).
Au pied de la lettre >>> S'abstenir de relations sexuelles... totalement, et même en pensée...

5) S'abstenir de drogues et de produits intoxicants
A minima >>> Éviter d'être ivre mais boire tout de même un verre entre amis...
On peut aussi fumer.
Au pied de la lettre >>>Ni alcool, ni drogue, ni tabac... JAMAIS.

Un autre vœu souvent pris en même temps ou en parallèle de ces préceptes est le vœu de ne jamais rien manger qui vienne d'un animal mort (végétarisme).

Qu'il soit bien compris que ces règles par elles-mêmes ne sont PAS la voie du Bouddha, elles ne vous feront en aucun cas atteindre l'éveil à elles seules, mais elles "préparent le terrain" pour vous permettre d'avoir un esprit et une vie saine qui vous mettront à même de pratiquer authentiquement le Dharma. Le Bouddha a d'ailleurs dit clairement que toute personne n'ayant pas pris au moins un précepte à vie ne pouvait en aucun cas se dire son disciple.

 
 
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